YUKUN CHEN. ABSOLUTA LUZ.

YUKUN CHEN. ABSOLUTA LUZ.

Texto publicado en el programa de mano de la exposición
YUKUN CHEN, DOCE ESTUDIOS DEL AGUA
Photoespaña 2022
Galería Orfila, Madrid, VI/2022

 

 

YUKUN CHEN. ABSOLUTA LUZ.

Alfonso De la Torre

 

L’âme est un océan sous une peau
El alma es un océano bajo una piel
Henri Michaux, “Qui je fus”, Gallimard, Paris, 1973.

 

Representar con imágenes del agua lo que se desvanece, la inmensidad de ciertos lugares secretos, pues anhela Yukun Chen (Beijing, 1975) el infinito en sus imágenes, que son leves, como esperantes de una conciencia.  Verdaderos poemas visuales, estos “Doce estudios del agua” (2016-2021) con los que evoca al pintor chino Ma Yuan (1160-1225), fotografías poéticas que nos devuelven el latido de una primorosa quietud.  Que son imágenes, sí, pero parecerían oírse las gotas de agua, los susurros de los árboles próximos, el mecer leve de las ondas del lago Dongting, las crestas del Yangtse erizadas o el silencio que puebla, azul la luz, la fría laguna.  Olas sobre olas, como titula una de sus obras, lagos y ríos, aguas inmemoriales reflejando nubes.  Representando aquella conciencia anhelada en la expresión de esas aguas que devuelven en su azogue el espacio en derredor.  Así queda Yukun Chen, mostrada y ausente de sí misma, de tal forma parece su atención revertida hacia la belleza que puebla el mundo, la inmensa naturaleza que irradia su luz.  Lo absoluto de la luz.  Y qué extraño elegir esta reserva donde la artista se desvanecerá devolviéndonos fragmentos del mundo, como si fueran, más que imágenes, centros de la energía de una mágica actividad de lo natural: es como si la ausencia tomara forma.  Tal si tentase el supremo conocimiento del don de la existencia, el don de un secreto y el don de un habla. Son dones revelados a los privilegiados ojos de quien mira el mundo.

Como aquellos “Sueños de la luna” (2017) evocando a quien se fue, estos son un conjunto de instantes encontrados consigo mismos y devueltos a la visibilidad, mas parecieren en un trance de algo inefable que pudiese escaparse.   Enseñándonos a ver, pues las imágenes que nos muestra Yukun Chen son revelación de la posibilidad de las imágenes, que llegan a la mirada como un roce ligero, expresión conformada por lo que constituye esencia de lo visible.

Como aquel poeta solitario en un lago, o ese otro dibujo de quien contempla ensimismado el capullo de un ciruelo florecer a la luz de la luna, pintados por Ma Yuan, queda Yukun Chen a un lado del camino en su paseo por el bosque, vadea la vana certeza.   Lo esencial puede mostrarse en un fragmento, el instante ser más revelador que aquello que se prolonga.  El infinito expresado en el agua.

Exaltante, Yukun Chen semejare portadora de un sentido cósmico, mostrando esa tranquila alegría que sucede tras el hallazgo de un pensamiento profundo que, empero, esquiva lo manifiesto y sus imágenes parecieren más bien, así espaciadas, atenuadas de la verdad mas reinantes en un misterioso lugar habitado por la indeterminación y, así, crecer el difícil don de la invisibilidad que, de esta forma, en esa especie de distancia y preservación, esa reserva, nos devuelve luz, agua o aire, un infinito que se eleva por encima de quien contempla y que, así, se ilumina.  Iluminándonos.

 

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绝对的光:陈宇昆作品

阿方索-德拉托雷

灵魂是皮肤下的海洋。

亨利·米修,《我从前是谁》,巴黎,Gallimard,1973

 

陈宇昆(1965年生于北京)用水的画面来表现消失的东西和秘境的广袤,渴望在画面中获得永恒。她的画面是轻盈的,仿佛等待着唤起内心意识。作品《十二水图》(2016-2021)让我们联想起了南宋画家马远。陈宇昆的《十二水图》是真正的视觉诗,是充满诗意的照片,给我们带来了原始寂静的悸动。它们虽是图像,但我们似乎听到了水滴的声音,近处树木的低语,洞庭湖波浪的轻轻摇动,扬子江畔的峰峦起伏,或者是充斥着的沉默,蓝色的光,寒冷的泻湖。正如陈宇昆的作品之一-《层波叠浪》:云朵倒映在湖泊和河流里古老的水面,在水的意境中表现了渴望的意识,而水在流银间返回它周围的空间。陈宇昆用这样的一种方式,若有若无展示自己,似乎将注意力转向了充斥着世界的美感以及散发光芒的大自然。光的绝对性。陈宇昆的奇怪的构思把世界的碎片还原给我们,就好像它们不仅仅是图像,而是大自然神奇活动的能量中心,就好像缺席是有形状的那样。仿佛在吸引着般若智慧-即存在的天赋、秘密的天赋和语言的天赋。观察世界的人,他们的双眼里能洞察到这些天赋。

作品《月亮的梦》让人联想到离去的人。这些梦是和自己相遇的瞬间,清晰可见, 但似乎陷入了某种无法言喻却可以逃脱的恍惚的状态。陈宇昆向我们展示的是对图像的可能性的揭示,进入眼睛的图像是一种轻盈的触摸,是由构成可见的本质的东西形成的表达。

就像马远的两幅画作:湖边孤独的诗人,或在月光下凝视绽放的梅花陷入沉思的人。陈宇昆就像站在通往森林的路边,在虚妄的确定性中涉足。本质的东西可以在一个碎片中显示出来,瞬间的可以比长久的更有启发性,水里读到永恒。

陈宇昆的作品让人眼前一亮,她像是宇宙意识层面的承载者,向我们展示了深思过后所产生的安静的喜悦。她避开显而易见的东西。她的图像和事实是有距离的,像是在一个充满不确定的神秘的地方,从而加强隐形感。陈宇昆用这种方式,在某种距离和维持当中还给我们光、水或空气,以及耸立在观察者之上的无限性,从而发出光亮,照亮我们。

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YUKUN CHEN. LA LUMIÈRE ABSOLUE.

ALFONSO DE LA TORRE

 

L’âme est un océan sous une peau

Henri Michaux, « Qui je fus », Gallimard, Paris, 1973.

 

Représenter ce qui disparaît avec des images de l’eau et l’immensité de certains lieux secrets, c’est ce qu’aspire Yukun Chen (Pékin, 1965) dans ses images. Légères, comme en attente d’une conscience, ces « Douze études de l’eau » (2016-2021), évoquent le peintre chinois Ma Yuan (1160-1225). Elles sont de véritables poèmes visuels, des photographies poétiques qui nous ramènent aux battements de cœur d’une immobilité primordiale. Ce sont des images, oui, mais il vous semble entendre les gouttes d’eau, le bruissement des arbres voisins, le doux bercement des vagues du lac Dongting, les crêtes hérissées du Yangtsé ou le silence qui emplit le lagon froid, bleu dans la lumière. Vagues sur vagues, comme le titre d’une de ses œuvres, lacs et rivières, eaux immémoriales reflétant les nuages, représentant la conscience tant désirée dans l’expression de ces eaux qui renvoient le vif-argent de l’espace qui les entoure. Ainsi Yukun Chen reste, dévoilée et absente, de telle sorte que son attention semble se tourner vers la beauté qui peuple le monde, l’immense nature qui irradie sa lumière. L’absolu de la lumière. Et comme il est étrange de choisir cette réserve où l’artiste va disparaître, nous renvoyant des fragments du monde, comme s’ils étaient, plus que des images, les centres de l’énergie d’une activité magique du naturel : c’est comme si l’absence prenait forme. Comme s’il tentait la connaissance suprême du don de l’existence, du don d’un secret et du don de la parole. Ce sont des cadeaux révélés aux yeux privilégiés de celui qui regarde le monde. Comme ces « Songes de la Lune » (2017) évoquant les disparus, il s’agit d’un ensemble d’instants regroupés entre eux et rendus à la visibilité, mais semblant être dans la transe de quelque chose d’ineffable qui pourrait s’en échapper. Nous apprendre à voir, car les images que Yukun Chen nous dévoile sont une révélation de la possibilité des images, qui viennent au regard comme une touche légère, une expression façonnée par ce qui constitue l’essence du visible. Comme ce poète solitaire sur un lac, ou cet autre dessin d’un homme contemplant avec ravissement une fleur de prunier éclose au clair de lune, peint par Ma Yuan, Yukun Chen reste sur le côté de la route lors de sa promenade dans la forêt, dans une vaine certitude. L’essentiel peut être montré dans un fragment, l’instant peut être plus révélateur que ce qui est prolongé. L’infini exprimé dans l’eau. Exaltant, Yukun Chen semble être la messagère d’une voix cosmique, montrant cette joie tranquille qui vient après la découverte d’une pensée profonde qui néanmoins, semble s’échapper au simple manifeste de ses images. Ainsi, elles semblent plutôt espacées, atténuées de la vérité tout en régnant dans un lieu mystérieux habité par l’indétermination. Le difficile don de l’invisibilité est alors mis en valeur de cette façon, dans cette sorte de distance et de préservation, cette réserve, par laquelle nous parvient la lumière, l’eau ou l’air, un infini qui s’élève au-dessus du contemplateur, illuminé. En nous éclairant.